Sa vie

Association Lataste

« Dieu nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. »

Éphésiens 1, 4

« La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde. »

Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, II-II, q. 30, a. 4.

Le Bienheureux Jean-Joseph Lataste, né le 5 septembre 1832 à Cadillac en Gironde, mort le 10 mars 1869 à Frasne-le-Château dans la Haute-Saône, a été béatifié le 3 juin 2012 à Besançon.
Le père Lataste est un frère dominicain, fondateur de la congrégation des dominicaines de Béthanie. L’originalité de sa fondation tient à ce qu’il réuni dans une même communauté de vie contemplative des femmes quel que soit leur passé : le trottoir, la prison ou les meilleurs collèges… Cette intuition naît dans la prison de femmes de Cadillac, où il est invité à prêcher. Ce qu’il annonce, au milieu du dix-neuvième siècle, nous semble encore aujourd’hui inouï. Pourtant il ne dit rien de plus que ce que contient le message de l’évangile, depuis deux mille ans. Sa fidélité aux prisonnières de Cadillac se manifestera dans sa prière, dans ses visites, mais particulièrement et de manière exceptionnelle dans la fondation de Béthanie. Il veut pour elles une « maison et une famille » où leur passé honteux n’existe plus, où elles seront confondues sous le même habit. Il veut leur réhabilitation complète, à leurs propres yeux comme aux yeux du monde, et cela au nom de Dieu, parce que c’est le désir même de Dieu.

« La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. »


François, pape, Misericordiae Vultus

Jeunesse

Il contemple la miséricorde de Dieu
Pendant son enfance, il a devant les yeux un grand tableau qui domine l’autel de l’église paroissiale de Cadillac, cette peinture montre le Christ en croix, avec d’un côté la Vierge Marie et sainte Marie-Madeleine et de l’autre saint Blaise. La célèbre pécheresse de l’évangile se trouve réunie à La Vierge et à un saint évêque près de la croix. Dans cette reconnaissance du Christ, rien ne les distingue plus, ni la sainteté de l’un, ni le « péché » de l’autre ; leur amour pour le Christ est égal, la grâce du Christ pour eux est égale.

C’est sûrement devant cette peinture que, déjà, il comprend que la miséricorde de Dieu ne concerne pas ce que quelqu’un a pu faire ou ne pas faire, mais qu’elle s’intéresse à la personne entière. Quelqu’un, quel que soit son « péché » peut toujours être transformé par la miséricorde ; la seule condition est d’accueillir la grâce que Dieu désire donner.

Il se fait l’ami des pauvres
Aimer Dieu signifie servir concrètement des hommes et des femmes, soulager, consoler, être proche des plus démunis, matériellement ou spirituellement.

Alcide Lataste, 25 ans

le Père Lacordaire

Jeune homme, le bienheureux Jean-Joseph Lataste se met au service de la Conférence de Saint Vincent de Paul dans les villes où il fait ses études et où il exerce son travail de contrôleur des contributions directes. « J’ai retrouvé là une famille de frères », écrit-il. Il donne également des cours du soir pour les militaires, il crée un « fourneau économique » pour les pauvres.
Le bienheureux Jean-Joseph Lataste puise dans l’Eucharistie et l’adoration du Saint Sacrement, l’amour, qu’il apprend de Dieu, pour chaque personne qu’il rencontre.

Vie religieuse

À l’automne 1855 — il a alors 23 ans — meurent les trois personnes qui lui sont le plus cher : sa nourrice le 12 octobre, sa sœur religieuse le 14 octobre, et la jeune fille dont il est épris, Cécile de Saint-Germain, le 17 novembre. Ces drames successifs et rapprochés l’atteignent fortement et vont contribuer à remettre en cause sa vie et son destin.
Il rencontre le père Lacordaire, restaurateur de l’Ordre dominicain, et s’attache à lui. C’est alors qu’il devient « frère prêcheur » en 1857, il est ordonné prêtre en 1863.

« J’avais un cœur très aimant, j’éprouvais un immense besoin d’affection et je croyais alors impossible de le contenter au service de Dieu. » 

Cité par Mercier p. 57.

« Je ne sais rien de beau comme cette innocence de Marie Madeleine recouvrée dans les larmes et dans l’amour ».

Bhx Jean-Joseph Lataste

« Face à la gravité du péché, Dieu répond par la plénitude du pardon. La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne. »

François, pape, Misericordiae Vultus

« Dans mon innocence tu m’as soutenu et rétabli pour toujours devant ta face. »

Psaume 40, 43 

« Ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. »

Luc 7, 47 

Il aime
Homme de Dieu, il aime avec passion. Il écrit à son père au début de son noviciat : « Cette faim et cette soif d’affection et de bonheur que j’éprouvais et qu’éprouvent tant de cœurs, Dieu seul, et non la créature (quelle qu’elle soit), est capable de les satisfaire… » Lettre à son père, 1857.
Ses qualités de cœur sont unanimement rapportées par ceux qu’il côtoie : condisciples de collège, collègues de travail, collaborateurs de la Conférence de Saint Vincent de Paul, frères dominicains, et plus tard les sœurs de Béthanie… Il est aimable et généreux.

Il fréquente Marie-Madeleine
Le père Lataste a eu la grâce exceptionnelle, alors qu’il était étudiant au couvent dominicain de Saint Maximin dans le Var, d’embrasser le précieux crâne de Marie-Madeleine à l’occasion d’un changement de reliquaire. Ce contact physique avec la « pécheresse repentie » renforce et confirme en lui pour toujours que la miséricorde est toute puissante.
« Et maintenant, quelle place pensez-vous que Magdeleine occupe au ciel. Pour moi, je ne serais pas surpris que nous puissions un jour contempler la pécheresse repentie immédiatement après la Vierge Immaculée… et baisant cette tête, autrefois avilie, aujourd’hui sacrée, je me disais : il est donc vrai que les plus grands pécheurs et les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grand saints ; qui sait s’ils ne le deviendront pas un jour. » Sermon 188 du 23 juillet 1865 au Moulleau, sur Marie-Madeleine.

« J’ai vu des merveilles ! J’ai vu des merveilles ! J’ai vu cette prison objet de tristesse et d’effroi pour les hommes, transformée cette nuit en un lieu de délices, en un séjour de gloire et de bonheur ! J’ai vu Dieu, le grand Dieu du Ciel, Celui qui d’un seul mot avait créé les mondes et les a tous peuplés… je l’ai vu. Il s’était pris pour les hommes d’un immense amour, après les avoir faits à son image, et porté par cet amour jusqu’à la passion, jusqu’à la folie, il s’est fait homme pour se rapprocher des hommes, il s’est condamné pour les sauver… il les a aimés jusqu’à la fin, jusqu’à la mort… Mais ressuscité après sa mort, il a pu dire à ses apôtres en les quittant : ‘‘Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles. » Sermon 202 du 17 septembre 1865.

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L’Association a pour vocation de rassembler et de partager la lumière d’une figure spirituelle majeure. Ce site vous guide à travers nos différentes missions, nos fraternités et notre histoire commune.

Qui était le Père Jean-Joseph Lataste ?

Ce grand homme a consacré sa vie à prêcher la miséricorde, notamment en initiant la fondation de Béthanie. Son dévouement absolu a profondément marqué les esprits, à tel point qu’il est mort comme un saint. Aujourd’hui, l’Église reconnaît cette ferveur exceptionnelle, ce qui a mené à l’instruction pour le procès de canonisation.

Père Jean-Joseph Lataste
Portrait historique (vers 1860)

L’héritage du Père Jean-Joseph Lataste aujourd’hui

La famille spirituelle continue de grandir et de rayonner. Vous pouvez découvrir le quotidien et la mission partagée par les sœurs, ainsi que les magnifiques actions d’accueil portées par le Petit Béthanie. L’engagement de laïcs dévoués, à l’image de Jacques Nourissat, permet d’accomplir au quotidien de nombreuses réalisations concrètes.

Pour approfondir votre compréhension de sa pensée, nous vous invitons à plonger dans ses écrits historiques, et tout particulièrement sa précieuse correspondance avec Mère Henri-Dominique.

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